La minute physiologie

Sucre et prise de poids.

 

Le sucre est le premier élément que les cellules utilisent pour réguler la glycémie, ton taux de sucre dans le sang, compris dans des conditions optimales entre 0.8gr et 1.2gr par litre, ces chiffres variant légèrement selon les sources.

Mais concrètement que se passe-t-il lorsque tu manges un aliment sucré ? 

Tentons d’aborder simplement un sujet très complexe…

Lorsque tu manges un aliment, le sucre s’y cache sous plusieurs formes, qui peuvent être : le galactose, le fructose, le lactose, le saccharose, le maltose, l’amidon, la cellulose, le glycogène et j’en passe, tous ayant comme point commun d’être des sucres. Pour être assimilés, tous ces éléments doivent être transformés en glucose (le fructose, le sucre des fruits, retient mon attention, j’en parlerai plus loin).

A la suite d’un repas glucidique, les sucres sont absorbés plus ou moins vite au niveau de l’intestin et passent dans la circulation portale (veine qui part de l’intestin en récupérant tous les nutriments et va vers le foie où ils seront utilisés). Cette capacité à passer dans le sang est jugé par un indice qu’on appelle Indice glycémique.

 Cet indice que tu dois déjà connaitre stipule que « les aliments passant rapidement dans la circulation sanguine sont des sucres rapides, (indice glycémique élevé) et que les sucres qui passent plus lentement dans la circulation sont des glucides lents, (indice glycémique bas) ». Cet indice fonctionne très bien pour des doses de glucides absorbées de façon isolée, ce qui se fait rarement. Plusieurs facteurs permettent de le moduler tels que les fibres, les lipides, les protéines, l’acidité, la température des aliments… il conviendrait donc de parler de charge glycémique, indice qui lui, prend en compte d’autres paramètres comme la quantité de sucre ingérée sur un repas.

 C’est une hormone, l’insuline, qui est sécrétée par les cellules du pancréas qui est responsable de la régulation de la glycémie.

La meilleure façon pour notre corps de réguler la glycémie est d’utiliser le glucose qui circule dans le sang pour fournir de l’énergie, il s’agit là d’une source prioritaire mais non principale. En effet, les graisses aussi peuvent fournir de l’énergie en quittant les cellules grasses (adipocytes).  Une indication ressort donc, plus tu consommes de sucres, plus ton corps est occupé à les utiliser pour produire de l’énergie et moins il utilise les graisses, donc les stocks ne diminuent pas, et en d’autres termes, tu restes physiquement gras.

 Mais alors quel est le rôle de l’insuline ?

 L’insuline permet une meilleure utilisation du glucose sanguin par les cellules. Schématiquement tu peux imaginer que le glucose entre plus vite dans les cellules et quitte le sang, ainsi la glycémie est corrigée.

 L’insuline est la principale hormone régulatrice du métabolisme des graisses et a une action majeure sur :

La lipase hormonosensible qui est une enzyme qui permet de faire sortir, de la cellule, les graisses afin qu’elles soient utilisées pour fournir de l’énergie. L’insuline inhibe (empêche son activité) cette enzyme, ce qui conduit donc à un stockage de graisses (sous forme de triglycérides).

La lipoprotéine lipase, encore une enzyme, est stimulée par la sécrétion d’insuline, et va, elle, permettre le stockage des acides gras sous forme de triglycérides dans la cellule.

Dans les deux cas, on voit donc que l’insuline stimule le stockage des graisses.

La minute physiologie

 L’idéal serait donc de consommer des aliments ne produisant pas de trop fortes différences de glycémie au cours de la journée, limitant ainsi le travail du pancréas produisant l’insuline.

De nombreux ouvrages font l’objet de la classification des aliments suivant leur IG, pour 5 euros on peut vite se faire une idée, puis avec l’expérience on déduira que les aliments à indice glycémique élevé sont les aliments les plus raffinés, broyés ou en purée (destruction des chaines des amidons, les sucres donc, ce qui permet aux enzymes digestives d’attaquer plus facilement ces molécules), chauffés à haute température, contenant du sucre etc.

 Par une trop forte consommation de glucides à absorption rapide les cellules saturent et deviennent résistante à l’insuline. Le pancréas est donc sollicité en excès pour fournir plus d’insuline, ce qui le fatigue, et peut conduire à la longue à des pathologies comme le diabète non insulino-dépendant, maladie grave.

 La consommation de glucides rapides élève brusquement la glycémie, l’organisme est alors en hyperglycémie (trop de sucre dans le sang). Le pancréas sécrète de l’insuline pour la réduire, sauf qu’à un certain seuil, l’insuline agit trop fortement et plonge l’organisme en situation d’hypoglycémie (taux de sucre sanguin faible), ce qui conduit à mobiliser les glandes surrénales pour produire de l’adrénaline, le pancréas à produire du glucagon et stimule les centres de la faim.

Nombreux d’entre nous mangerons des glucides encore à indice glycémique élevé ! (pour pallier aux désagréables sensations qu’apportent l’hypoglycémie).  C’est le début du cercle vicieux ! La consommation de ces sucres provoque durant un cours instant une sensation de satisfaction, de plénitude… C’est ce mécanisme qui est à l’origine de l’addiction au sucre ! La prochaine fois que tu succombes à un, deux, trois, quatre paquets de bonbons, tu sauras que c’est à cause du yoyo que tu fais jouer à ta glycémie !

 On m’a dit qu’il fallait manger des fruits pour maigrir

Le sucre principal des fruits est le fructose qui a la particularité de ne pas faire intervenir l’insuline dans son métabolisme. Donc logiquement, la fabrication de graisse due à l’insuline est évitée en mangeant des fruits… sauf que notre corps est plus malin que ça, et ça depuis des milliers d’années. Le rôle principal de notre alimentation est de nous fournir de l’énergie afin qu’elle soit utilisée ou bien stockée en cas de pénurie alimentaire. Rien n’est laissé au hasard.

 

Cette légende comme quoi les fruits ne font pas grossir est en fait infondée. Pour parler biologie, le fructose lorsqu’il est catabolisé (détruit dans l’organisme) conduit à la formation de glycéraldéhyde-3 phosphate, qui conduit lui-même à la formation de Pyruvate, molécule précurseur de l’acétyl-CoA elle-même précurseur de la synthèse d’acide gras. Donc tout comme le glucose, le fructose participe à la synthèse de la graisse corporelle. Alors limiter sa consommation de fruits à 2 voire 3 par jour est amplement suffisant !

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